A la rentrée nous lirons en classe "Le jour où j'ai raté le bus" , un livre de Jean-Luc Luciani ...
"Ce matin, on s'est tous réveillés en retard à la maison. Du coup, j'ai raté le bus qui m'emmène à l'école et j'en ai pris un autre, mais je ne reconnais pas du
tout le chemin. Alors je décide de descendre et de partir à l'aventure ! Pas facile quand on a comme moi, du mal à parler et à marcher ... "
Malgré notre amitié, le Jobard s'entourait encore pour nous de beaucoup de mystère. Il ne nous parlait jamais de lui. Est-ce qu'il avait été marié ? Est-ce qu'il avait
eu des enfants ? On n'en savait rien. Nous aurions bien aimé savoir aussi si c'était vrai qu'il avait éventré un policier à coups de rasoir... Mais c'était difficile de lui poser la
question.
L'univers du terrain vague ne nous était pas non plus ouvert. L'appentis, dont il gardait toujours la clé sur lui,
conservait son secret. Jamais il ne l'avait déverrouillé en notre présence. Et je savais, pour l'avoir espionné, qu'il y travaillait les jours où nous n'étions pas là.
[…]
Pour écouter l'extrait lu par la voix de synthèse Pico , cliquez sur le lecteur ci-dessous:
( Merci à David Lucardi et Bertrand Lambard pour leur formidable logiciel VoxOOFox ... qui a permis de réaliser cet enregistrement de façon simple et légale
... )
Autant le mois de mai avait été
ensoleillé, autant le mois de Juin fut gris et pluvieux. Le mistral s'était levé et les bourrasques de vent portaient une pluie fine et pénétrante qui glaçait les os.
Le chantier n'avait plus cet air de fête des
premiers mercredis. Nous pataugionsdans la boue et les gouttes d'eau nous dégoulinaient désagréablement sur le
visage. Ce n'était pas drôle de travailler ainsi au vent et à la pluie, trempés comme des soupes et frissonnants de froid. On aurait préféré rester bien au chaud à regarder des dessins animés
devant la télé.
Certains proposèrent d'interrompre notre collaboration en attendant le retour du beau temps... mais je m'y opposai.
Que penserait de nous M. Julien si nous l'abandonnions à la première difficulté ? C'était au contraire le moment de lui montrer que les "petits jobards" n'étaient pas des mauviettes, qu'ils
avaient quelque chose dans le ventre.
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Tousles mercredis, c'était la même chose. Tant que j'étais avec les copains, en train de bâtir la tour, ça allait super bien. Mais dès que je
rentrais à la maison , j'avais un cafard du diable. J'étais seul jusqu'à sept heures et quart et ça me rendait dingue. Je savais bien qu'elle n'y était pour rien, qu'il lui fallait
travailler pour gagner des sous, qu'elle avait une demi-heure de trajet en bus et qu'elle devait encore faire les courses avant de rentrer. Mais je trouvais ça injuste. Pourquoi on ne vivait pas
comme les autres ? Pourquoi on n'était pas une vraie famille ? Pourquoi on ne partait jamais en week-end ?
Je serrai Rex contre moi. Pourquoi étais-je
toujours seul ? Rex se mit à aboyer et trotta jusqu'à la porte d'entrée.
- Brice, viens m'aider ! J'ai laissé la
moitié des commissions au bas de l'escalier. Cours vite les chercher …
Je descendis mollement les marches . Elle n'avait
même pas pensé à me faire une bise.
Je me demandais parfois si elle m'aimait
vraiment. Après tout, j'étais pour elle un vrai boulet ! Elle ne pouvait jamais sortir, jamais aller au cinéma. Je l'avais entendue dire un jour à Mme Demeulier qu'elle aurait bien aimé
refaire sa vie, mais qu'il y avait le gosse... Le gosse, c'était moi ; et ça ne me plaisait pas du tout qu'elle me considère comme un fardeau. Encore quelques années et je partirais en
Amérique. Comme ça, je ne la gênerais plus. […]
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A la rentrée, nous allons travailler sur "Fleur de sel" un album de Géraldine Elschner...
"Au XVIIIème siècle, impossible de conserver la viande ou le poisson sans sel. Mais quel travail pour le récolter! La
famille Galoup s'y attelle. Pourtant la vie est difficile et Galoup doit se livrer à la contrebande du sel. Il sauve la vie d'une jolie rousse: la fille du directeur de la Saline Royale! Les deux
enfants se lient d'amitié. Peut-il lui faire confiance?"
Cet album nous permettra de découvrir les Salines d'Arc et Senans...
Lemercredi suivant fut une véritable fête. Toute la bande était là pour prêter main forte à M. Julien. Pour commencer, on s'est fabriqué des
échafaudages. La tour était déjà deux fois haute comme nous et les échelles ne suffisaient plus. On a donc fait rouler de gros bidons d'huile qu'on a disposés tout autour. Ensuite on les a
recouverts d'une passerelle de planches et le travail proprement dit a pu commencer. Les uns enduisaient les bouteilles, les autres les collaient, fond contre fond, goulot contre goulot. Même Rex
était de la partie. Je l'avais dressé à charrier les bouteilles dans sa gueule. Ce n'était pas encore tout à fait au point, car il les laissait tomber une fois sur deux, mais avec un peu
d'entraînement, le dressage ne tarderait pas à porter ses fruits.
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( Nous sommes pour l'instant dans l'attente de la réponse de Michel Piquemal à la demande d'autorisation de publication sur l'Eveil des éditions MILAN ... mais elle
devrait être bientôt accordée ... voir commentaire ... )
- Reprenons ! Nous en sommes au moment où Œdipe, ayant
appris de l'Oracle qu'un jour il tuerait son père et épouserait sa mère, horrifié, a choisi de s'enfuir sans même revoir ses parents. Tout le monde a bien compris ? Vous voulez que je
reprenne au début ?
- Oh non ! Ça va … a menti Baptiste.
La maîtresse a eu l'air soulagé.
- Si, en me lisant, vous vous dites que vous auriez préféré que je réexplique, vous n'avez qu'à relire le premier
chapitre. Je ne peux passer mon temps à me répéter , faut quand même qu'elle avance , cette histoire !
Bref,Œdipe fonce sur son char vers une autre ville (Thèbes, je crois) quand, à la croisée
de trois chemins, un autre char lui bloque le passage.
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( :Nous attendons pour l'instant l'autorisation de publication
d'extrait du livre des éditions Casterman ... cet article sera donc peut-être modifié ou effacé en fonction de leur réponse ...)
Normalement, je connais le chemin par cœur, je l'ai fait déjà trois mille six cents fois depuis que je vais à Saint-Thys dans le car jaune de ramassage scolaire. Dans le bus numéro quarante-cinq, j'ai
trouvé une place libre deux sièges derrière celui du chauffeur.Ça c'est bien, j'ai
l'impression d'être derrière M. Albert et ça me rassure un peu .
Ce qui m'énerve par contre, c'est que je ne reconnais rien de rien.
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" M. Julien est un personnage imaginaire ; mais il existe et il a existé des gens qui, comme lui, ont bâti de leurs
mains des monuments fantastiques. On les appelle les "architectes du dimanche". La plupart n'ont en fait aucune connaissance particulière en architecture : ils sont ouvriers, employés des
postes, coiffeurs, maçons ou facteurs... Ils se servent de matériaux qu'ils trouvent et qu'ils récupèrent (bouteilles, bouts de ferrailles, morceaux de faïences, pierres, coquillages …) et au gré
de leur imagination et de leur fantaisie, ils construisent patiemment durant des année – et parfois toute leur vie – le monument de leurs rêves.
Ce sont des gens originaux qui ne s'embarrassent pas du "qu'en-dira-t-on". Mais souvent la rumeur publique les prend
pour des fous, et comme le Jobard de l'histoire, ils sont sujets aux moqueries de la population.
Certains nous ont laissé des monuments si fabuleux et si grandioses qu'ils sont devenus très célèbres. Les plus
connus en France sont Le Facteur Cheval, Raymond Isidore dit Picassiette, Pierre Avezard et Robert Tatin. Mais il en existe d'autres, qui restent dans l'anonymat. Peut-être au coin de ta rue ...
"
- Non, non et non ! Il n'est pas question de jouer la suite de votre « Godzitor » a dit la maîtresse du
bout des lèvres. La fête de l'école approche, j'aimerais que, pour une fois, nous préparions un spectacle de qualité!
Pour une fois ?
Est-ce qu'elle voulait dire par là que notre Godzitor et les mutantsde
l'année dernière ne lui avait pas plu ? J'avais bien aimé, moi, surtout le moment où les mutants passaient un sale quart d'heure. Nous l'avions écrit nous-mêmes ! Au final, Godzitor s'abattait
en un instant sur la ville. Godzitor, c'était Charlie en costume argent, accroché à un filin, qui s'est abattu en un instant aussi, sur la scène.
C'était très réussi. Un carnage. Un an après, j'en étais encore ému. [...]
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( :Nous attendons pour l'instant l'autorisation de publication
d'extrait du livre des éditions Casterman ... cet article sera donc peut-être modifié ou effacé en fonction de leur réponse ...)